Déshumanisation, Fascisme, Paternalisme et Bouc Émissaire : Les Rouages d'une Domination Durable

17/09/2024

Dans tout dogme religieux, nationaliste ou fasciste, il existe une tendance à la déshumanisation de "l'autre". Cela commence souvent par une narration qui fait du groupe dominant une victime : "Nous sommes dans la souffrance, c'est à cause de l'autre, celui qui ne nous ressemble pas." Cette logique simplifie la complexité des problèmes sociaux, économiques ou politiques en désignant un coupable unique. Pointer un bouc émissaire est plus facile que d'analyser les multiples facteurs qui expliquent une crise ou une injustice.

Cette approche est courante à travers l'histoire et dans diverses sociétés. La construction de l'ennemi, qu'il soit extérieur ou intérieur, devient un levier puissant pour unir une population autour d'une cause commune. Plutôt que de promouvoir la compréhension et la sensibilisation aux problèmes réels, ces systèmes préfèrent réprimer et inciter à la haine, créant une polarisation qui rend impossible le dialogue ou le compromis.

Le chemin de la haine et de la simplification des causes des problèmes sociaux est souvent le plus facile, mais rarement le plus juste. Les dogmes, surtout ceux associés à des idéologies radicales, renforcent cette dynamique en imposant des explications simplistes, masquant les causes réelles des conflits.

Historiquement, certaines idéologies fascistes ou totalitaires ont déshumanisé des groupes spécifiques à travers un processus graduel. D'abord, l'autre est réduit à un stéréotype négatif, ensuite on lui dénie des qualités humaines, et enfin, il est transformé en menace abstraite et déshumanisée. À ce stade, des atrocités deviennent socialement acceptées. En désignant un ennemi comme "moins qu'humain", ces régimes justifient la violence, l'oppression, voire le génocide.


Cette dynamique n'est pas propre aux régimes fascistes du XXe siècle. Elle est présente dans divers contextes historiques, qu'il s'agisse de conflits religieux, d'oppression coloniale ou de purges politiques. La peur et la colère sont utilisées pour manipuler les populations, les amenant à soutenir des actions inhumaines au nom d'une cause supérieure, que ce soit une nation, une religion ou un idéal abstrait.

Le recours au bouc émissaire et à la déshumanisation permet à ces idéologies de prospérer, car il est plus simple de mobiliser les foules autour d'un ennemi commun que de les éduquer à la complexité du monde. La peur, une émotion puissante, est facilement exploitée à des fins politiques ou religieuses. L'histoire montre que ces idéologies, prétendant offrir des solutions simples à des problèmes complexes, finissent souvent par aggraver les crises qu'elles prétendent résoudre.

Le paternalisme déshumanise également en privant les individus de leur autonomie, en niant leur capacité à penser ou à se gouverner. Il est souvent utilisé pour justifier des politiques d'exclusion ou d'oppression sous couvert de protection.

Par exemple, dans l'histoire coloniale, les colonisateurs justifiaient leur présence en prétendant apporter la civilisation à des peuples jugés inférieurs. Cela a conduit à des décennies d'exploitation et de violence, tout en se prétendant bénéfique pour les colonisés. Cette domination s'accompagne d'une rhétorique de bienveillance, où le pouvoir se pose en "protecteur" tout en imposant ses règles.

Le recours au bouc émissaire, combiné à la déshumanisation et au paternalisme, devient un levier efficace pour instaurer une domination durable. Le groupe dominant se présente en bienfaiteur tout en légitimant des politiques d'exclusion et de répression sous prétexte de préserver un ordre social ou moral.


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